Et si le développement des pièces détachées d’occasion faisait baisser les primes d’assurance ?

Si vous suivez de près l’actualité du monde de l’automobile, il ne vous aura pas échappé que dans le cadre la loi de transition énergétique, un décret a été signé pour rendre obligatoire l’accès aux pièces détachées occasion. Il suffit en effet de le demander à son garagiste, et celui-ci doit vous proposer une alternative au neuf, dans la mesure du possible et en respectant la réglementation en vigueur. En effet, les pièces issues du recyclage automobile ne concernent ni les systèmes de freinage, ni la direction, ni la suspension. Cela est effectif depuis le début de l’année 2017 et dans le cas où un garagiste ne proposerait pas deux devis dont l’un est basé sur l’utilisation de pièces de réemploi, il risquerait une amende d’un montant minimum de 3 000 €. Malgré la rigidité du texte, on ne note pas encore de grands changements et peu d’automobilistes sont bien informés et demandent ce devis.

pieces de réemploi automobiles = économie assurance

C’est pourtant une belle opportunité de faire des économies avec des pièces garanties un an qui sont de 30 à 70 % moins chères que les pièces neuves. Surtout à un moment où le prix du carburant atteint des sommets et où le budget auto global des Français constitue un poste de dépense important. Et si en plus les pièces détachées pour votre Citroën Jumper issues du recyclage faisaient baisser votre prime d’assurance ?

Les chiffres clés des sinistres automobiles

On compte un peu moins de 9 millions de sinistres chaque année dans l’hexagone. C’est environ 5 voitures sur 100 qui sont concernées ce qui représente pour les assureurs un coût d’indemnisation s’élevant à près de 17 milliards d’euros avec une moyenne de 2000 € par sinistre. Quand on sait que le prix des pièces auto neuves a connu une augmentation conséquente sur les cinq dernières années, on comprend vite pourquoi les assureurs s’intéressent de près aux pièces d’occasion.

Un coût d’indemnisation et des primes en baisse ?

Et si le recours à des pièces d’occasion beaucoup moins chères permettait aux assureurs de faire de sérieuses économies et de nous en faire profiter ? C’est une question que se posent légitimement de nombreux observateurs. Il est important de savoir que les experts en assurance ont déjà la possibilité depuis 2009 de chiffrer une réparation avec pièces neuves ou d’occasion. Nombre de compagnies d’assurance réfléchissent à la bonne manière d’intégrer la pièce d’occasion dans leur stratégie.

Les réparations de carrosserie sont parfois trop onéreuses

Moins d’épaves

L’autre intérêt évident, c’est que le recours aux pièces issues du recyclage des véhicules hors d’usage permettrait de sauver de la casse des milliers de véhicules en modifiant la perception des assureurs par rapport aux véhicules déclarés économiquement irréparables. Avec un parc auto vieillissant – son âge moyen est de neuf ans avec une valeur de véhicule autour des 4000 € – beaucoup de voitures finissent leur vie prématurément parce qu’il revient trop cher de faire changer une aile froissée et un pare-chocs enfoncé. Grâce aux pièces d’occasion, bon nombre d’entre eux éviteraient la casse, ce qui s’inscrit dans une logique de développement durable. Et cela pourrait soulager beaucoup d’automobilistes qui se retrouvent obligés de prendre un crédit pour racheter une voiture suite à un sinistre.

Les limites de l’utilisation des pièces de réemploi

Comme évoqué en début d’article, toutes les pièces ne sont pas candidates au recyclage ce qui limite l’intérêt de la démarche. Autre frein, le manque de disponibilité des pièces les plus demandées qui sont les éléments de carrosserie avant gauche. C’est dans 75 % des chocs cette zone qui est endommagée. Enfin, il faut savoir qu’il existe un certain stock de pièces pour les véhicules de plus de 6 ans, ce qui n’est absolument pas le cas pour les véhicules plus récents. Difficile dans ce contexte de pénurie de pièces d’occasion de mettre la pression sur les automobilistes ou les garagistes pour les inciter à opter pour la pièce issue du recyclage. Certains y voient un éventuel coup de pouce au marché de l’occasion puisque les primes d’assurance pourraient baisser uniquement pour les véhicules plus anciens pour lesquels on peut trouver des pièces de réemploi. Tout cela n’est pour l’instant que pure spéculation, mais des changements pourraient intervenir très rapidement.

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